FRANCE LECTURE
 

 

 

 

     


ElianeMarie Ly

 

 

 
   

 

   
       


 


 

 

 

 

 

 

 

 






 

  Sous le ciel africain 3
 
 Un prêtre nous parle du fantôme de son frère

 
 Stupeur de mes condisciples !
 
   


U
n jour, je confiai tous mes petits secrets à des amies d’école et leur racontai la visite de mes "fantômes". Mal m’en prit. Je devins aussitôt la risée de toute la classe. Certaines me traitèrent de vilaine menteuse et j'eus droit à une avalanche de quolibets les plus désobligeants.

Heureusement, le vieux prêtre aux cheveux blancs qui me donnait cours veillait au grain. Mon histoire étant parvenue à ses oreilles, il vint à ma rescousse et devant toute la classe il nous raconta bientôt que lui aussi avait déjà vu des fantômes. Stupeur de mes condisciples !

Le frère de ce prêtre s’était en effet manifesté à lui peu de temps après sa mort dans son corps astral. Mes dires n'avaient donc rien d'extravagants selon lui. Un fantôme pouvait très bien se manifester parfois aux vivants, que ceux-ci y croient ou non. J'appris plus tard par mes livres ésotériques que les âmes ou les esprits des personnes se manifestent particulièrement au moment de leur décès, soit à cet instant très précis, soit peu de temps après. De nombreux phénomènes se produisent à cette occasion dont les chutes inopinées de tableaux et l'arrêt inexplicable de montres ou de pendules sont parmi les plus courants. Quoi qu'il en soit, le vieux prêtre interdit désormais que l’on se moquât encore de moi à ce sujet. Dès lors l’incident fut clos et mes ex-"ennemies" devinrent mes meilleures amies. Intriguées, elles furent même avides d’en savoir plus, tant et si bien qu'elles se bousculèrent bientôt à mes jupes pour connaître tous les détails de mes aventures ! Mais suite à ma récente déconvenue, je ne leur livrai que quelques détails du bout des lèvres et par la suite je me repliai un peu plus encore dans ma coquille, me jurant bien de ne plus jamais parler de tout ça à quiconque.

J’appris plus tard que ma mère - mais aussi ma grand-mère maternelle - possédaient des dons de voyance mais qu'elles évitaient elles d'en parler considérant plutôt cela comme une tare familiale !
J’étais donc bien seule face à la découverte de ce monde étrange invisible pour les profanes.

Peu après, les vents toujours changeants de mon enfance allaient une fois encore m'entraîner à leur suite. Mon père venait d’accepter un travail en Suisse. A peine acclimatée au climat belge, il me fallait déjà repartir et tout quitter à nouveau. J’eus préféré rester en Belgique. Cette vie d’errants où  je devais à chaque fois me réhabituer à une nouvelle école, à d’autres professeurs et à d'autres amies me chagrinait au plus haut point.

***

Bien forcée de suivre mes parents, je découvris ce nouveau pays et ses hauts sommets enneigés. Nous nous installâmes à Prilly, petite agglomération située  à quelques encablures de Lausanne à proximité du lac Léman. C’était maintenant l’époque du Twist et de la vague yéyé. Mademoiselle Age Tendre s'affichait dans les vitrines des libraires. Les postes de radio à transistor commençaient à envahir de leurs ondes rythmées les maisons et le sable des plages. Cette époque du début des années 60 était une vraie révolution culturelle. La jeunesse avait enfin sa musique, ses magazines, sa mode. 

Chez moi, j’écoute en sourdine l’émission « Salut les copains » sur Europe 1 et je n’ai de cesse de ressembler à mes nouvelles idoles : Françoise Hardy, France Gall et toutes les autres. La nouvelle vague me va bien. Elle est gaie, fraîche comme le vent des montagnes et ma nouvelle école est O.K. Mes camarades de classe aussi. Finalement, la Suisse ce n’est pas si mal.

Tous les jours, dans l'autobus qui me conduit à l'école, je rencontre le chanteur Patrick Juvet qui débute à peine sa carrière de chanteur et qui suit ses cours dans l'école située juste à côté de la mienne. Déjà grand dragueur, il prend plaisir à me taquiner. Je lui réponds par des sourires muets...

Devenue adolescente, le choix de mes études futures se posait maintenant.
Soucieuse d’apporter ma petite contribution à la lutte contre la souffrance humaine, je pris la décision de me lancer dans des études d’infirmière. La médecine me fascinait mais c’était surtout l’envie d’aider, de faire le bien, de sauver des vies qui me motivait.


Les mois passèrent et finalement je pris le meilleur parti de notre escapade suisse. Mes guides célestes, mes "fantômes"  m’avaient à nouveau suivie.
Les contacts se raréfièrent pourtant au fil du temps. Probablement avaient-ils décidé de lâcher un peu de lest, de me laisser à mes expériences de jeune fille.  Je me devais d'apprendre à construire ma vie sans leur influence.
S’installa donc dans ma jeune vie un temps de repos médiumnique.

Nouveau départ

Décidément la routine ne voulait pas de moi. L’air helvétique n’eut pas le temps de me griser vraiment en profondeur car nous pliions déjà bagage.
J’eus l’impression que nous venions à peine d’arriver alos que nous vivions en Suisse depuis 5 ans. Cinq années qui se se résument pour moi maintenant à quelques rires et à quelques chansons romantiques.

Mon père avait  terminé son travail en Suisse. Il nous fallait donc repartir en Belgique. Retour à la case départ en quelque sorte. Et c’est ainsi que mes parents, mon frère et moi revenons goûter le ciel terne de la métropole anversoise.

Je reprends mes études. L'aube de mes vingt ans pointe à l'horizon.
Mes parents ont desserré l’étreinte. Le carcan familial s’ouvre et me libère. Ma mère se confie maintenant parfois à moi. Mon père commence même à s’intéresser au spiritisme et à l’ésotérisme. Nous en parlons volontiers et échangeons des livres. Il les lit en cachette car ma mère ne veut pas voir traîner ce genre de lecture entre ses mains !

Mes Guides reviennent, m’inspirent à nouveau. Désormais, ils traceront l’aube de mes pas futurs...

Je commence à travailler en intérim : secrétariat et travaux de bureau.
Mon diplôme d’infirmière n’est pas homologué en Belgique. Et il me faudra malheureusement attendre quelque temps avant de pouvoir dispenser des soins en clinique.


Mes années helvétiques m’ont mûries et ma route d’adulte est là qui se profile devant mes yeux. Même si elle est encore incertaine et comme enveloppée de brume, son ébauche se dessine peu à peu au fond de moi et je la vis déjà très fort de l’intérieur. Au début, elle ressemblera à un chemin de terre aride et caillouteux ; ça je le sais, ou plutôt je le pressens. Mais je la vois ensuite s’éclaircir. Elle se dépouille de ses ornières et devient finalement un tracé plus paisible jalonné de lumière et d'expériences agréables.

Il me faudra donc d’abord traverser des zones de turbulences! Le karma est là, provoquant les rencontres reliées au passé, posant ses jalons, désignant les obstacles à franchir et les batailles à gagner sur soi-même et sur les autres. Au moins j'ai la chance d’être protégée par le Ciel.
Mes Guides de Lumière sont là et j'ai la certitude qu'ils ne m' abandonneront pas dans mes difficultés. Ils veilleront sur moi, j'en suis sûre, comme ils le font avec toutes les personnes qu'ils ont décidé de guider et d'épauler dans la vie. C'est leur rôle, leur mission d'ange gardien qu'ils aiment assumer car ils savent, mieux que nous encore, que l'Amour préside au destin de tout notre univers.

 

La suite de ce récit sera disponible un jour peut-être dans un livre me concernant.
Merci à tous et toutes de m'avoir lue...


 

 
 
     
   

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