FRANCE LECTURE
 

 

 

 

     


ElianeMarie Ly

 

 

 
   

 

   
       


 


 

 

 

 

 

 

 

 






 

  Sous le ciel africain 2
 
 "Le seigneur est mon berger"


BELGIQUE
- Nous sommes en automne et c'est un vilain crachin belge qui accueille mes premiers pas en Belgique.
L’institut Notre-Dame des Bruyères situé à Brasschaat près d'Anvers m’ouvre ses lourdes portes. Et c’est rebelote pour les cours de math et autres « joyeusetés » réservés à l’enfance !



 

J’apprends la géographie tumultueuse des nuages belges. Par les fenêtres de ma classe, j’observe leurs nuances grises et leurs contours quand ils viennent s’accrocher au toit de mon école, attendant la récréation pour déverser leur « drache » sur nos petites têtes brunes et blondes.

Quel changement de climat. Brrrr. Chaque jour le thermomètre plonge un peu plus bas et je grelotte sous ma toute nouvelle pèlerine. Mon petit zoo africain me manque déjà ainsi que toutes mes petites amies d'Afrique que je ne reverrai probablement jamais. Ce petit monde tissé autour de mes premières années ne semble déjà plus qu'un rêve lointain.

A l'école, le cours de religion devient vite mon cours préféré. Ce cours est dispensé par un vieux prêtre proche de l’âge de la retraite. J’adore me pendre à ses lèvres et l’écouter nous raconter la passionnante histoire des évangiles. En un tour de main, je deviens (presque) aussi familière de la vie de Jésus qu’un bon vieux curé de campagne! Cependant, l'enfer chrétien me fait peur car on ne cesse de nous bassiner les oreilles avec toutes sortes d’horribles péchés prêts à provoquer notre perte. Interdiction de manquer l’office dominical sous peine de châtiment divin. C’est ce qu’affirme notre catéchèse. J’en suis fort troublée, ne comprenant guère l’humeur vengeresse d’un Dieu qu’on dit pourtant d’Amour.

***


C’est alors qu'un jour, un être lumineux, aux longs cheveux tombant sur les épaules, se présente à moi. Je l'écoute car il me parle d'un ton affable et me rassure. Il m'explique en quelques mots bien choisis que l’enfer ne me serait point destiné. je n'ai nulle crainte à avoir. Dieu ne me punira pas aux flammes éternelles si je manque la messe un dimanche ou si je reviens chez moi avec une mauvaise note. Dieu est sage. Il ne punit pas les petites filles pour des broutilles de peu d’importance. Avoir m'avoir réconforté, l'être lumineux, que je prends pour un messager divin disparu de ma vue, mais il ne m'abandonnera pas. Souvent, lorsque je me sentais le vague à l'âme, que mon échine ployait sous les reproches de mes parents ou ceux de mes professeurs, je levais les yeux au ciel et je l'implorais de venir à mon secours. Nul doute qu'il pouvait m'entendre, car suite à mes appels pressants il descendait très vite pour me réconforter par ses paroles.

Gorgée à foison de littérature religieuse, je le pris pour Jésus en personne.  Je ne savais rien sur lui, ni d’où il venait, mais il ressemblait très fort aux images pieuses du Sauveur de ma religion, et c’est pour le remercier d’être là que j’entonnais avec ferveur le dimanche à l’église : « Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer ». Ma petite voix fluette se fondait dans celles des autres bambins et s’en allait caresser le dôme de pierre ombrant nos visages de chérubins.

Ce n’est que plus tard que je réalisai que j'avais dû avoir la visite de l'un de mes anges gardiens. Quoi qu’il en soit, cet être diaphane venu d’ailleurs  semblait aimer me réchauffer de sa présence et je finis par apprécier ses allées et venues occasionnelles. Il ne venait bien sûr pas vers moi dans un corps de chair, mais ma vision de lui était si claire qu'il me semblait que j'aurais pu le toucher et sentir sous mes doigts les plis rebondis de sa robe.

C’est vers cet âge-là que s’amplifie ma passion pour la lecture

Sans mes petits animaux de compagnie africains, me sentant souvent abandonnée, il me fallait une échappatoire aux devoirs scolaires et à l’arrogance de ma mère à mon égard. Les échanges entre elle et moi étaient en effet devenus aussi rares que râpeux. Ce n’est que bien plus tard que nous arriverons à réconcilier nos divergences. Mon père, bien trop occupé par son travail, ne se mêlait pas de nos disputes, et mon frère était bien trop jeune pour que j’en fasse mon confident et mon allié.

Des heures durant, lorsque mes devoirs étaient achevés, je m’allongeais sur mon lit pour feuilleter non seulement les pages de ma Bible mais aussi découvrir les mille aventures des magazines de jeunesse. De là me vient probablement cette soif inextinguible, cette véritable boulimie toujours présente de lecture.

D'autres êtres de Lumière, toujours vaporeux et translucides, m'apparurent. Ils étaient trois et je pouvais les distinguer assez nettement lorsque la pénombre envahissait ma chambre. Je me gardai bien d'en révéler l'existence à mes parents, d’ailleurs bien trop occupés pour m’écouter déballer ce genre d’histoires insolites. Au début je pris ces êtres venus d'un autre monde pour des fantômes. On en parlait parfois dans certains livres de contes, la plupart devait faire peur aux enfants. Moi, étrangement, ils ne me faisaient pas peur, pas plus que jadis le venin de mes grosses mygales ! Il faut dire qu'avec la visite régulière de mes visiteurs translucides je considérais maintenant les "fantômes" comme des gens plutôt sympathiques.

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