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Qui suis-je ?

Ramana Maharshi
 

A moins que ne cesse la perception de la nature illusoire du monde en tant que réalité objective, nous ne pouvons obtenir la vision de la véritable nature du Soi, sur laquelle l’illusion est formée.

Le mental est un pouvoir unique par l’intermédiaire duquel les pensées nous parviennent. Si, après avoir éliminé toute pensée, nous recherchons minutieusement ce qui reste, nous trouverons que le mental n’existe pas hors de la pensée. Donc les pensées elles-mêmes constituent le mental.

 

Le monde physique n’existe pas hors et indépendamment de la pensée. Dans un état de profond sommeil, il n’y a pas de pensées. Il n’y a pas non plus de monde. Dans les états de veille et de rêve, les pensées ainsi que le monde sont présents. De même que l’araignée sort d’elle-même le fil de sa toile et le ramène de nouveau à l’intérieur d’elle-même, ainsi l’esprit projette le monde hors de lui-même, et l’absorbe de nouveau en lui-même.

Nous percevons le monde en tant que réalité apparente objective lorsque notre esprit est extériorisé et délaisse ainsi son identité avec le Soi. Quand le monde est ainsi perçu, la véritable nature du Soi n’est pas révélée. Inversement, quand le Soi est réalisé, le monde cesse d’apparaître en tant que réalité objective.

Le mental ne peut exister qu’en dépendant nécessairement de quelque chose de plus grand. Il ne subsiste jamais par lui-même.

La première de toutes les pensées qui s’élèvent dans le mental est la pensée primordiale “Je”. C’est seulement après la naissance ou l’origine de la pensée “Je ” que d’innombrables autres pensées s’élèvent. En d’autres termes, c’est seulement après que le pronom personnel de la première personne “Je” s’est élevé, que viennent les pronoms de la seconde et troisième personnes (vous, il), et ils ne peuvent subsister sans lui.

Puisque toute autre pensée ne peut se former qu’après la naissance de la pensée “Je”, et puisque le mental n’est rien qu’un amoncellement de pensées, il ne peut être soumis qu’au moyen de la question “Qui suis-je?” En outre, la pensée intégrale “Je”, implicite dans une telle question ayant détruit toutes les autres pensées, finit par se détruire elle-même ou par se consumer, de même que le bâton employé pour remuer le bûcher funéraire est finalement brûlé.

Même lorsque les pensées étrangères germent brusquement durant une telle recherche, n’essayez pas de compléter la pensée qui s’élève, mais au contraire demandez-vous profondément: “À qui cette pensée est-elle venue?” Qu’importe le nombre de pensées qui se présentent ainsi à vous: si, avec une vigilance aiguë, vous vous interrogez immédiatement sur le moment pendant lequel chaque pensée individuelle s’est élevée, et sur la personne à laquelle elle s’est élevée, vous trouverez que c’est à “moi”. Si alors vous vous posez la question “Qui suis-je?”, le mental change de direction et la pensée naissante disparaît par la même occasion. De cette façon, en persévérant de plus en plus dans la pratique de la recherche du Soi, le mental acquiert une force et un pouvoir plus grands pour demeurer dans sa Source.

Si de cette façon le mental est absorbé dans le Coeur, l’ego ou le “Je”, centre de la multitude des pensées, disparaît finalement et la pure Connaissance (conscience) ou Soi, qui subsiste durant tous les états de l’esprit se dresse seule resplendissante. Cet état, dans lequel il n’y a pas la plus petite trace de la pensée “Je”, est le véritable être de soi-même.

Cet état de simple adhérence à l’Être pur est connu comme la Vision de la Sagesse. Une telle adhérence signifie et implique la sujétion complète du mental au Soi. Ceci peut seul être la Sagesse.

Atmâ seul existe et est réel. Le monde, l’âme individuelle et Dieu sont, comme l’apparence illusoire de l’argent dans la nacre, des créations imaginaires dans l’Atman. Ils apparaissent et disparaissent simultanément. En Vérité, le Soi seul est le monde, le “Je” et Dieu. Tout ce qui existe n’est rien d'autre que la manifestation du Suprême.

Extrait du livre d’Henri Hartung : Présence de Ramana Maharshi, Éditions du Cerf

Photo : Ramana Maharshi

 

 
   

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