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 Fantômes d'antan

 

 

Les récits suivants ont été publiés dans d'anciennes revues spirites. Ils sont tous sensés être dignes de foi selon les auteurs. Le magazine France Lecture est heureux de vous faire revivre le charme incomparable de ces vieilles histoires de fantômes, d'apparitions, de contacts avec l'Au-delà et de manifestations paranormales.

 

Ce qui se déroula devant moi durant les cinq dernières heures de vie de ma pauvre femme se traduit pour moi dans la question suivante, très débattue, et que je ne parviendrai jamais à résoudre : c’est-à-dire si j’étais mentalement halluciné, ou si, au contraire, le don de la vision clairvoyante m’avait été accordé.

Avant de décrire les événements, et dans l’intérêt de ceux qui liront ces pages, je tiens à déclarer que je ne fais pas usage de boissons alcoolisées, ni de cocaïne ou de morphine ; que je suis et ai toujours été modéré en tout, et que je ne suis pas d’un tempérament nerveux, que ma mentalité n’est pas le moins du monde imaginative, et que j’ai toujours été considéré comme un homme mesuré, calme et résolu. J’ajoute que, non seulement je ne crus jamais à ce qu’on nomme le « spiritisme », aux phénomènes de matérialisations médiumniques ni au « corps astral », et que j’ai toujours été hostile à ces théories.

Ma femme est morte à 11 h. 45 du soir, le vendredi 23 mai 1902, mais ce ne fut que vers 4 heures de l’après-midi, ce même jour, que je me persuadai que tout espoir était perdu.

Réunis autour du lit, dans l’attente de l’heure fatale, nous étions plusieurs amis, le médecin et deux infirmières. J’étais assis au chevet de la mourante, serrant sa main droite dans les miennes. Les amis étaient éparpillés dans la chambre, les uns assis, d’autres debout. Personne ne parlait, chacun surveillant la respiration de la malade, qui était de plus en plus faible. Deux heures se passèrent ainsi sans qu’aucun changement fût observé. Les domestiques annoncèrent que le dîner était servi, mais personne ne semblait disposé à en profiter. A 6 h. ½ , je priai avec insistance les amis, le médecin et les infirmières d’aller dîner sans tarder, car l’attente pouvait se prolonger encore. Tous, moins deux personnes, suivirent mon conseil.

Quinze minutes plus tard, c’est-à-dire à 6 h. 45 (je suis sûr de l’heure, parce qu’une pendule était posée devant moi sur un meuble), il m’arriva de tourner mes regards vers la porte d’entrée, et j’aperçus sur le seuil, suspendu en l’air, trois petits nuages très distincts disposés horizontalement, chacun paraissant d’une longueur de quatre pieds environ, avec six à huit pouces de volume. Le plus proche du sol était séparé par environ deux pieds, les autres suivaient à intervalles de six pouces environ.

Ma première pensée fut que les amis (et je leur demande pardon de ce jugement injustifié) s’étaient mis à fumer au-delà du seuil, de sorte que la fumée de leurs cigares pénétrait dans la chambre. Je me levai d’un bond pour aller leur faire des reproches ; et je trouvai que sur le seuil de la porte, dans le corridor et dans la chambre, il n’y avait personne. Etonné, je me retournai pour regarder les petits nuages, qui, lentement se rapprochaient du lit, tant qu’ils l’enveloppèrent complètement.

En regardant à travers cette nébuleuse, je m’aperçus qu’à côté de la mourante se tenait une figure de femme pas plus haute que trois pieds, transparente, mais en même temps resplendissant d’une lumière aux reflets dorés ; et son aspect était si « glorieux » qu’il n’y a pas de paroles capables de la décrire.

Elle revêtait un costume grec, aux manches longues, larges, tombantes ; sur la tête elle avait une couronne. Cette forme restait immobile comme une statue dans la splendeur de sa beauté ; les mains tendues sur la tête de ma femme, et dans l’attitude de qui reçoit un hôte joyeusement, mais avec sérénité. Deux formes vêtues de blanc se tenaient à genoux aux côtés du lit, surveillant tendrement ma femme, tandis que d’autres formes plus ou moins distinctes flottaient tout autour.

Au-dessus de ma femme était suspendue, dans une position horizontale, une forme blanche et nue, qui était rattachée au corps de la mourante par un cordon qui touchait au-dessus de l’œil gauche, comme s’il s’était agi de son corps « astral ». A certains moments, la forme suspendue restait parfaitement immobile ; puis elle se contractait et diminuait jusqu’à se réduire à des proportions minuscules, non supérieures à dix-huit pouces de longueur, mais toujours en conservant la forme très exacte de ma femme, sa tête parfaite, son corps parfait, ses bras et jambes parfaits. Quand le « corps astral » se contractait et diminuait, il commençait une lutte violente, avec agitations et mouvements des membres, dans le but évident de se dégager et se libérer du corps. Et la lutte persistait tant, qu’il semblait s’épuiser ; alors survenait une période plus calme, puis le « corps astral » recommençait à grandir, mais seulement pour diminuer de nouveau, et reprendre la lutte.

Pendant les cinq dernières heures de vie de ma femme, j’assistai sans interruption à cette stupéfiante vision. Que d’autres la définissent comme ils pourront. Il n’y avait pas moyen de la faire évanouir de mes yeux. Si je me distrayais en causant avec les amis, si je fermais les paupières, si je me trouvais d’un autre côté, lorsque je recommençais à regarder le lit de mort, je revoyais entièrement la même vision. Dans le cours de ces cinq heures, j’éprouvais une étrange sensation d’oppression à la tête et aux membres. Je sentais mes paupières lourdes comme lorsqu’on est pris de sommeil, et les sensations éprouvées, unies au fait de la persistance de la vision, me faisaient craindre pour ma raison ; de sorte que je m’adressais souvent au médecin en lui disant : « Docteur, je deviens fou. »

Enfin l’heure fatale arriva. Après un dernier spasme, la moribonde cessa de respirer et en même temps je vis la « forme astrale » redoubler d’efforts pour se libérer. Apparemment, ma femme semblait morte ; mais quelques secondes après, elle recommençait à respirer, et il en fut ainsi à deux ou trois reprises, puis tout fut fini. Avec le dernier soupir et le dernier spasme, le cordon qui la rattachait au « corps astral » se brisa, et je vis le « corps astral » s’évanouir. Les autres formes spirituelles aussi, ainsi que la nébulosité dont la chambre était envahie, s’évanouirent subitement, et, c’est étrange à dire, même l’oppression dont je souffrais disparut comme par enchantement, et je me sentis de nouveau comme j’ai toujours été, calme, mesuré, résolu, de sorte que je fus à même de distribuer des ordres et diriger les tristes préparatifs exigés par les circonstances.

Je laisse les lecteurs libres de juger si réellement je me trouvais en proie à un accès hallucinatoire déterminé par l’anxiété, la souffrance et la fatigue, ou si par hasard il ne m’avait pas été donné d’apercevoir une parcelle de l’existence spirituelle avec sa paix, son bonheur, sa beauté.

Journal of the S.P.R. (1908, p 308-311)
 

Les horloges

Ayant été attaché au service des pompes funèbres durant plusieurs années et connaissant ainsi les manifestations qui se rattachent aux événements de mort, je vous transmets mes observations sur ce sujet. Elles peuvent en effet offrir un certain intérêt pour vos lecteurs.

Les horloges qui s'arrêtent - surtout celles à balancier - au moment des événements de mort, sont un phénomène des plus fréquents et constituent le sujet de conversations et d'enquêtes en un grand nombre de familles visitées par le malheur.

Les portraits qui tombent, les instruments musicaux qui jouent spontanément en coïncidence avec des événements en rapport avec la mort viennent immédiatement après dans l'ordre de fréquence.

Il est beaucoup plus rare qu'une horloge négligée depuis longtemps, étant abîmée, se reprenne tout à coup à marcher au moment d'un cas de décès dans la famille.

Des faits de cette espèce se produisent si souvent qu'ils deviennent familiers aux personnes attachées au service des pompes funèbres.

Light 1898 page 107

Une pendule arrêtée

J'avais habité longtemps avec mon frère Gédéon, ce qui fait qu'il y avait entre nous des rapports d'association intime tels qu'ils ne pouvaient exister entre les autres membres de la famille. Le jour de vendredi 2 décembre 1887, je reçu un télégramme provenant de Big Rapids dans lequel on m'annonçait qu'il était gravement malade et qu'il ne vivrait probablement pas plus de vingt-quatre heures. Je savais qu'il était souffrant, mais j'avais ignoré jusqu'alors qu'il se trouvât en des conditions désespérées.

Comme je ne pouvais pas abandonner mes fonctions pour courir à son chevet, je me sentais profondément abattu, je pensais constamment à lui, et le jour du dimanche 4 décembre, j'allai à l'église prier pour lui. Dans la soirée de ce dimanche, après avoir assisté au service religieux à l'église, je me mis en devoir de lui écrire. Pendant que j'étais à mon bureau, je m'aperçus que la pendule placée sur le mur d'en face - pendule qui lui appartenait - s'était arrêtée. Je me levai pour m'en rendre compte et regardant l'heure à ma montre, je constatai que l'arrêt s'était produit depuis quelques minutes seulement. Lorsque j'introduisis la clé dans le cadran pour remonter la pendule, j'observai qu'elle l'était déjà. Alors, je me disposai à mettre les aiguilles à l'heure, quand une lumière étrange se dégagea du cadran et dont il me sembla sortir ces mots, proférés très nettement, avec le timbre de voix de mon frère: " Pour moi, c'est fini! Pour moi, c'est fini!"

J'en restai profondément impressionné et, convaincu que mon frère était mort, et que les mots que j'avais entendus étaient les derniers qu'il avait prononcés, je mis de côté la lettre que j'avais écrite et ne l'envoyai pas.

Le matin suivant, avant d'aller au travail, je racontai l'incident à ma femme. A 11h30 du soir, on me remit une dépêche reçue par mon frère Daniel ainsi conçue: Gédéon est mort. Viens immédiatement à Montague". Le télégramme était signé par ma soeur Lizzie.


J'ai reçu peu après une lettre dans laquelle ma soeur disait que Gédéon était décédé à 8h45 du soir, le dimanche 4 décembre, et que ses derniers mots avaient été: "Pour moi, c'est fini! Pour moi, c'est fini!" J'avais entendu la voix dans l'horloge à 9h45; mais la différence de temps est justifiée par la distance existant entre OIl City et Big rapids.

Proceedings of the American S.P.R. (1882-1889, page 429)

Promesse tenue

Il y a deux ans, quand j'étais en Suède, un vieil ami de ma famille, étant assis près de mon bureau, remarqua que ma petite montre d'argent, déposée sur le meuble, était arrêtée et me dit que je n'aurais pas dû négliger un objet si gracieux. En disant cela, il l'avait prise et remontée, la mettant à l'heure. Je répondis en riant: "Puisque vous admirez tant ma montre, je vous la laisserai comme legs dans mon testament".

- Fort bien, dit-il, mais si je mourrais avant vous je ne l'aurais pas, si, toutefois, je ne venais pas la chercher en esprit.

- Faites-le donc, si cela vous plaît; je vous y autorise dès maintenant.

- Merci, répondit-il. Entendu: je viendrai, si la chose m'est possible.

Mon ami n'était pas spirite, mais plutôt un "saint Thomas" à ce sujet, tout en désirant vivement de croire. Assez souvent, il mettait ma patience à bout par ses argumentations de contradicteur irréductible; il ne permettait cependant pas qu'en sa présence on dénigrât le spiritisme et les spirites.

L'autre jour - et pour être précise, le 30 octobre - la montre en question était placée sur la table, près de mon lit, où elle est toujours restée durant ma maladie. Un petit bruit de ce côté attira mon attention sur la montre. pendant que je regardais, je la vis faire un petit bond, comme si elle avait voulu se lever et si elle était retombée. Mon infirmière, qui était près de la table, jeta un petit cri d'épouvante et s'écria: " Mais cette fois, ça ne peut pas être le vent du Nord!" Pour comprendre cette explication, il faut savoir que, dernièrement, se sont produits dans ma chambre tant de coups, bruits et manifestations diverses, que la bonne Frau Schaffer en était entretenue dans un état continuel d'alarme. Je n'osais proférer avec elle le mot "esprits", et chaque fois qu'un coup se faisait entendre, ou se produisait toute autre manifestation inexplicable, aussi bien auditive que visuelle, je suggérais qu'elle était probablement due au vent du Nord, et j'ajoutais: "Il n'y a pas à s'en inquiéter, quand le vent vient du nord, on entend toute sorte de coups et de bruits".

Elle me parut satisfaite de mon explication, puisqu'elle ne manifesta plus une épouvante excessive lorsque les phénomènes se renouvelaient - et ce, bien que le vent eût commencé à souffler d'un autre côté. Seulement le fait d'une montre qui s'agitait spontanément fut trop éloquent même pour son entendement, et peu après elle déclara que, puisque ma santé s'était beaucoup améliorée, elle ne voyait plus la nécessité de continuer à dormir dans ma chambre. je ne m'y opposai point, permettant qu'elle allât dormir ailleurs. Quant à la signification du mouvement de la montre, je n'avais eu aucune difficulté à la comprendre.

Le matin suivant, 31 octobre, je reçus la nouvelle du décès de mon vieil ami, décès qui avait eu lieu à Gothembourg en Suède, à la suite d'une opération. Je suppose, naturellement, que mon ami, une fois dégagé de son lien corporel, et se rappelant notre conversation et sa promesse, a tâché de soulever la montre pour me faire part de sa mort. J'ai su ensuite qu'il était décédé le 2 octobre, c'est-à-dire deux jours auparavant.

E. D'ESPERANCE - Light 1910 page 569

La boîte à musique

Un incident étrange s'est produit dans le cabinet de la doctoresse Anna Lukens, le soir de dimanche dernier. On causait de notre cher ami le professeur Cope, mort quatre semaines avant notre retour d'une excursion de trois mois à travers le Mexique, la Californie et les Etats du Nord-Est.

A un certain moment, j'ai fait allusion à l'intérêt que le défunt avait montré pour les recherches psychiques, en remarquant l'importance qu'aurait eu le fait d'obtenir quelque signe manifeste de sa survivance, ou d'apprendre ses impressions sur l'existence spirituelle dans laquelle ses impressions sur l'existence spirituelle dans laquelle il était entré depuis peu. J'avais à peine achevé d'exprimer ce désir, que la grande boîte à musique de la doctoresse commença spontanément à jouer et continua ainsi durant plus de cinq minutes, à notre grand étonnement.

Nous en étions déconcertés. Quand je commençais à faire des conjectures sur la manière dont on pouvait expliquer naturellement cet inattendu divertissement musical, juste à ce moment, comme si l'on voulait répondre à mes objections, la boîte cessa de jouer, aussi brusquement qu'elle avait commencé.

L'instrument n'avait plus été remonté depuis trois mois; en admettant qu'un reste de tension fût resté dans le ressort, il aurait dû se détendre bien avant, quand le cabinet de la doctoresse a été soumis au bouleversement d'un changement de mobilier.

Un curieux incident s'est produit un quart d'heure environ après que la boîte à musique eût cessé de jouer. J'ai adressé une question mentale au défunt professeur Cope, conçue à peu près ainsi: "Edouard, est-ce bien vous qui avez fait jouer la boîte?" Immédiatement trois coups puissants furent frappés à côté de moi sur le plancher; mais comme cela s'est produit lorsque la doctoresse était déjà partie, il ne m'est pas possible d'étayer ce fait par son témoignage.

W.E. Ward - Proceedings of the S.P.R. (vol. XIV, page 232).

Un harmonium joue tout seul

Pour une étrange cause inexplicable, dans l'église dont je suis le vicaire, on perçoit le son prolongé d'un orgue. Je connais trois cas de cette audition.

Dans le premier, la musique a été perçue par plusieurs membres de la famille du colonel Frosser, de Bromyard, pendant qu'ils passaient sur le pont réservé aux piétons, contigu à l'église. Ils la perçurent tous et pensèrent que l'organiste de l'église s'exerçait sur l'instrument; mais, peu après, ils apprirent que ni lui ni personne n'avait pénétré dans l'église ce jour-là.

Il s'agissait alors d'un orgue américain qui a été remplacé par l'actuel "harmonium". Or, dans l'après-midi d'un samedi, pendant que je me trouvais dans le jardin du vicariat, j'ai entendu jouer l'harmonium et, supposant que la femme chargée du nettoyage de l'église avait permis à son enfant de s'amuser sur l'instrument, je me suis empressé d'entrer dans l'église pour le défendre. Pendant que je traversais le jardin, j'ai continué à entendre la musique, qui a cessé brusquement lorsque je suis parvenu à quelques pas du cimetière attenant à l'église. J'ai trouvé la porte de l'église dûment fermée à clef; j'y suis entré et je n'y ai trouvé personne.

Une autre fois, j'ai entendu le son de l'harmonium pendant que je traversais, à cheval, le pré d'Avenbury. On jouait de la musique sacrée, que j'ai continué à entendre durant le temps employé à parcourir sur ma monture une centaine de mètres. Elle cessa brusquement comme je parvenais devant l'église.

Une dame qui a vécu longtemps près de là m'écrit de Leamington:

" Je me décide à vous raconter un incident qui est arrivé à moi et à mon mari, relativement à votre église, une nuit de Noël. Quand nous sommes entrés sous la voûte de notre maison, minuit sonnait et il neigeait fort. Tout à coup, nous avons entendu plusieurs voix humaines qui causaient vivement entre elles. Elles venaient de l'intérieur de l'église, elles se mêlaient aux sons et aux bruits des réjouissances, mais, tout en discernant les différentes voix qui causaient, nous ne sommes pas parvenus à saisir un seul mot de ce qu'elles disaient. Naturellement, nous avons cherché à pénétrer dans l'église, mais nous avons trouvé que la porte était fermée à clef. Alors, nous avons fait le tour du temple, en constatant que l'intérieur était plongé dans l'obscurité. Cependant, ces bruits, ces voix venaient certainement de l'intérieur. Ne comprenant rien à ce mystère, nous en avons rapporté tous les deux une impression profonde; c'est pourquoi l'incident reste gravé d'une manière indélébile dans notre mémoire."

Light 1919 page 310. Archer Sheper, vicaire d'Avenbury (comté de Herfordshire).

Le décès de Goethe

Le 22 mars 1832, vers 10 heures du soir, deux heures avant le décès de Goethe, une voiture s'arrêta devant la demeure du grand poète. Une dame en descendit et s'empressa d'entrer, en demandant d'une voix tremblante au domestique: "Est-il encore vivant?" C'était la comtesse V..., admiratrice enthousiaste du poète et toujours reçue par lui avec plaisir, à cause de la vivacité réconfortante de sa conversation. Pendant qu'elle montait l'escalier, elle s'arrêta tout à coup en écoutant; puis elle questionna le domestique: " Comment donc? De la musique dans cette maison? Mon Dieu! Comment peut-on faire de la musique en un jour pareil?" La comtesse, en attendant, avait traversé le salon et était entrée dans le bureau, où, seule, elle avait le privilège de pénétrer. Frau von Goethe, belle-soeur du poète, alla à sa rencontre. Les deux femmes s'abandonnèrent l'une dans les bras de l'autre, éclatant en larmes. La comtesse demanda ensuite: "Mais dis-moi, Ottilie, pendant que je montais l'escalier, j'ai entendu de la musique chez vous. Me suis-je trompée?" - "Tu l'as donc entendue aussi?" répondit Frau von Goethe". C'est inexplicable! depuis l'aube, une musique mystérieuse retentit de temps à autre, en s'insinuant dans nos oreilles, dans nos coeurs, dans nos nerfs.

Juste à ce moment, résonnèrent d'en haut, comme s'ils venaient d'un monde supérieur, des accords musicaux suaves, soutenus, qui s'affaiblirent peu à peu, jusqu'à s'éteindre. Simultanément, Jean, le fidèle valet de chambre, sortait de la chambre du mourrant, en proie à une vive émotion en demandant avec anxiété: "Avez-vous entendu Madame? Cette fois, la musique venait du jardin et résonnait juste à la hauteur de la fenêtre."

- Non, répliqua la comtesse, elle venait du salon à côté.

On ouvrit les croisées et on regarda dans le jardin. Une brise légère et silencieuse soufflait à travers les branches nues des arbres. On entendait au loin le bruit d'un char qui passait sur la route, mais on ne découvrit rien qui pût révéler l'origine de cette musique. Les deux amies rentrèrent dans le salon, d'où elles pensaient que dût provenir la musique, mais sans rien remarquer d'anormal. Pendant qu'elles étaient encore occupées par leurs recherches, une autre série d'accords merveilleux se fit entendre; cette fois ils semblaient venir du bureau.

La comtesse, en rentrant dans le salon dit: "Je crois ne pas m'abuser. Il s'agit d'un quatuor joué à distance et dont nous parviennent de temps en temps des fragments. Mais Frau von Goethe remarqua à son tour: "Il m'a semblé, au contraire, entendre le son proche et net d'un piano. Ce matin, je m'en suis convaincue au point d'envoyer le domestique auprès des voisins, en les priant de vouloir bien ne pas jouer du piano, par respect pour le mourant. Mais ils ont répondu tous de la même façon: qu'ils savaient bien dans quel état se trouvait le poète, et qu'ils étaient trop consternés pour songer à troubler son agonie en jouant du piano."

Tout à coup, la musique mystérieuse retentit encore, délicate et douce. Cette fois, elle semblait prendre naissance dans la pièce même, seulement, pour l'un, elle paraissait être le son d'un orgue, pour l'autre, un chant choral, pour le troisième enfin, les notes d'un piano.
Rath S., qui a ce moment-là, signait le bulletin médical avec le docteur B., dans l'entrée, regarda avec surprise son ami, en lui demandant: "C'est une concertina qui joue?" - "Il paraît", répondit le docteur, "Peut-être quelqu'un dans le voisinage songe-t-il à s'amuser." "Mais non", répliqua Bath S. "Celui qui joue est sans doute dans la maison."

Ce fut ainsi que la musique mystérieuse continua à se faire entendre jusqu'au moment où Wolfgang Goethe exhalait le dernier soupir, parfois en retentissant avec de longs intervalles, en d'autres cas, après de très courtes interruptions, un peu dans une direction, un peu dans l'autre, mais paraissant toujours venir de la maison même, ou tout près d'elle, toutes les recherches et enquêtes accomplies pour résoudre le mystère sont restées sans résultat.

Occult review. 1903, page 303.

Une musique étrange

En 1845, Mr Herwig, un musicien allemand d'une grande valeur, domicilié depuis longtemps à Boston, a été frappé de mort subite dans cette ville. J'étais alors une toute jeune fille, je ne le connaissais que par sa réputation, ayant assisté plusieurs fois à ses concerts publics de violon, qui soulevaient en moi une grande admiration pour l'artiste. Ma seule relation personnelle avec lui consistait en ceci, qu'au cours de l'hiver précédent, époque de sa mort, je le rencontrais presque chaque jour dans la rue, en allant à mon école. C'était un pur hasard, mais ces rencontres devinrent si fréquentes, qu'il finit par les remarquer. Il commença par me sourire quand je passais. Ensuite, il me salua respectueusement, j'en faisais autant.

Durant l'automne, il mourut soudain. Ses obsèques eurent lieu le 4 novembre 1845, dans l'église de Trinity, alors rue Summer. Ce fut une cérémonie solennelle et émouvante à laquelle assistèrent tous les musiciens de Boston, en même temps, qu'un grand nombre d'autres citoyens éminents. En effet, on déplorait universellement sa mort. J'y assistai avec ma soeur et, vers le milieu de la cérémonie, j'ai été saisie d'un pressentiment inexprimable et inexplicable qu'il pourrait en ce moment et dans ce milieu se relever du cercueil et apparaître au milieu de nous, comme s'il était vivant. Sans me rendre compte de ce que je faisais, j'ai pris la main de ma soeur en disant presque à haute voix: "Oh! il doit ressusciter à une nouvelle vie!" Ma soeur me regarda avec étonnement et me murmura: "Mais tais-toi donc!"

Durant la soirée du même jour, je me trouvais dans la salle à manger avec ma mère, mes deux soeurs et un ami cubain. On causait des obsèques auxquelles nous venions d'assister, et ma soeur raconta l'incident singulier de mon exclamation, en répétant mes paroles. Tout à coup, voilà que retentit dans la pièce un flot de musique merveilleuse, telle que personne parmi nous n'en avait jamais entendue. Je vis les visages des assistants prendre une attitude de stupeur, presque mêlée à de la peur. J'étais moi-même saisie par une sorte d'effroi de l'invisible, mais je continuais d'une façon incohérente les propos que j'avais commencés. Alors, pour la deuxième fois, s'éleva un flot d'accords musicaux sonores et merveilleux, qui s'affaiblirent et disparurent, peu à peu. Ma soeur et moi nous nous précipitâmes à la fenêtre pour nous assurer si quelque musique ne passait pas dans la rue, mais celle-ci était déserte. On n'entendait pas un bruit, hormis le bruissement d'une petite pluie. Alors, j'ai monté les escaliers, je suis entrée dans le petit salon qui se trouvait au dessous de la salle à manger. Il y avait là, assise, en train de lire, une dame, notre hôte, appartenant  à la secte des Quakers. Un piano se trouvait dans la pièce et, quoique l'instrument fût fermé, j'ai demandé: "Quelqu'un a peut-être joué du piano ?" - "Non, répondit-elle, mais j'ai entendu tout à l'heure une musique étrange. Qu'est-ce que c'était donc? ".

Or il faut vous dire qu'aucune de nous n'a jamais été superstitieuse. Au contraire, nous avons toutes été élevées à nous moquer des histoires de revenants. Aussi personne parmi nous ne songea à considérer l'événement comme transcendantal. malgré cela, nous ne pouvions pas nous empêcher de nous regarder mutuellement dans les yeux, en nous demandant l'une à l'autre: "Qu'est-ce qui s'est passé et d'où venait cette musique?"

Madame S., en bonne quakeresse, se montra aussitôt très préoccupée et agitée. Lorsque ses filles rentrèrent, elle parla avec elles de ce qui s'était passé. Toutes ensemble, elles firent le tour du voisinage, en demandant si on avait fait de la musique à cette heure de la soirée. On sut d'une façon absolue que personne n'avait joué des instruments de musique ni n'en avait joué dans la rue. D'ailleurs, la musique que nous avions perçue s'était élevée dans notre ambiance même, elle était différente de toutes les musiques que nous avions entendues. Sur ce point, nous étions tous complètement d'accord. 'Signé: Sarah Jenkins.)

Journal of the S.P.R. par le Dr Hodgson

 

 

nd je passais
   

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