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             Article 39
  
         

 
 
   

 

 
 

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 Fantômes d'antan

 

 

Les récits suivants ont été publiés dans d'anciennes revues spirites. Ils sont tous sensés être dignes de foi selon les auteurs. Le magazine France Lecture est heureux de vous faire revivre le charme incomparable de ces vieilles histoires de fantômes, d'apparitions, de contacts avec l'Au-delà et de manifestations paranormales.

 

Marie
28 janvier 1891.

Il y a onze ans environ, alors que je me trouvais dans une grande anxiété au sujet de ma femme atteinte d'un cancer à l'estomac, je fus informé qu'un médium, Miss Susie Nickerson White, avait donné des preuves remarquables de facultés paranormales. J'allai la voir sans me faire connaître, et lui demandai une séance qui me fut accordée. Il s'y présenta bientôt une entité qui affirmait être la soeur de ma femme. Elle disait s'appeler "Marie", ce qui était exact, et elle poursuivit son discours en parlant de faits et d'affaires de famille absolument conformes à la vérité. Elle donna le nom exact de ma femme : Elise-Anne, décrivit sa maladie, prédit qu'elle ne survivrait pas et qu'il ne lui restait malheureusement que quelques mois à vivre. Surpris par tant d'informations aussi justes, je demandai : " Comment devons-nous donc appeler ces phénomènes ? "Marie" répondit : "Je savais que vous alliez me poser cette question, je l'avais lue dans votre pensée ! " - " Vous tirez donc de ma pensée tout ce que vous dites ?" demandai-je. - "Non, répondit-elle, et pour vous le prouver, je vous dirai quelque chose qui ne se trouve pas dans votre pensée. Je vous annonce que d'ici trois jours Elise-Anne dira que je lui suis apparue en même temps que notre mère que j'espère pouvoir amener avec moi !"

Je ferai remarquer que la mère de ma femme était morte quarante-cinq ans auparavant, et sa soeur il y avait six ou sept ans. Je gardai naturellement le secret sur ce qui s'était passé chez Miss White. Trois jours après, la garde-malade accourut, tout agitée, pour m'avertir que l'état de ma femme avait empiré, qu'elle donnait des signes évidents de délire, qu'elle avait appelé tout à coup sa mère et sa soeur Marie, après quoi, elle s'était jetée en bas du lit et avait couru vers la porte en criant : "Reste Maman ! Arrête-toi, Marie ! Ne vous en allez pas encore ! "

Peu après cet incident frappant, j'allai de nouveau consulter Miss White. Aussitôt la séance commencée, la même entité se présenta. J'étais alors très préoccupé, parce que, depuis quelques jours, ma femme ne pouvait plus garder aucun aliment solide ou liquide, pas même le lait et l'eau. Elle était totalement épuisée, d'autant plus qu'elle était atteinte d'une insomnie récurrente. "Marie" conseilla de lui administrer du café très fort et très chaud, avec un peu de crème, du sucre et du biscuit à la crème. Quoique cette "prescription" me surprît, je décidai de la préparer et de la lui administrer. La malade la prit volontiers, et contre toute attente, la digéra parfaitement; elle put ensuite dormir longtemps et pendant plusieurs jours ne vécut pas d'autre chose. Peu à peu, toutefois, elle ne put retenir même cet aliment.

Je consultai de nouveau Miss White. "Marie" conseilla de lui administrer cette fois quelques cuillerées de suc de citron plusieurs fois par jour, afin de lui faire revenir l'appétit et de lui permettre de garder la nourriture. Ce nouveau "remède" eut un plein succès. Cependant, avec les semaines, l'état de ma femme ne tarda pas à empirer de nouveau. Je me rendis pour la quatrième fois chez Miss White et demandai à "Marie" combien de temps ma femme devrait encore souffrir ainsi. Elle répondit ne pas être à même de me le dire, mais qu'elle songerait à m'avertir lorsque l'instant de son trépas serait imminent. "La première fois, dit-elle, que la malade dira m'avoir vue, vous ne devrez plus vous éloigner de son chevet. "

Quelques jours après, vers 3 ou 4 heures du matin, j'allai remplacer la garde-malade, qui m'avertit : "Mammie (faisant allusion à ma femme) a dit tout à l'heure avoir vu de nouveau sa soeur Marie." Et quelques instants après ma femme murmura doucement : "Je m'en vais". En disant ces mots, elle exhalait son dernier soupir.


Témoignage extrait du volume VIII p. 227-228 des Proceedings of the S.P.R.
Signé: E.Paige et Mary Dockerty (la garde-malade).
Propos recueillis par le docteur Hodgson.
 


Un homme en pantoufle

Dans ma jeunesse, lorsque j’étais officier dans l’armée danoise, j’occupais depuis quelque temps le logement qui m’avait été assigné, sans m’apercevoir de rien de spécial. Ma chambre était placée entre deux autres locaux, dont l’un me servait de petit salon et l’autre de chambre à coucher pour mon ordonnance. Les trois pièces communiquaient entre elles. Une nuit où j’étais couché sans dormir, j’ai entendu un bruit de pas qui allaient et venaient dans la chambre et qui paraissaient être ceux d’un homme en pantoufles. Ce bruit inexplicable se prolongea longtemps.

Le matin venu, je demande à mon ordonnance s’il n’avait rien entendu au cours de la nuit. Il me répond : « Rien, si c’est qu’à une heure avancée de la nuit, vous vous êtes promené dans votre chambre ». Sur quoi, je lui assurai que je n’avais pas quitté mon lit. Comme il demeurait incrédule, je lui dis que, si le bruit des pas se renouvelait, je l’appellerais.

La nuit suivante, je l’appelai, sous le prétexte de lui demander une bougie, et je le questionnai pour savoir s’il ne voyait rien. Il me répondit négativement, en ajoutant, toutefois, qu’il entendait un bruit de pas, comme si quelqu’un s’approchait de lui, pour s’éloigner ensuite dans la direction opposée.

J’avais dans ma chambre trois animaux, un chien, une petite chatte et un serin, qui tous réagissaient d’une façon caractéristique lorsque la rumeur des pas commençait. Le chien sautait aussitôt sur mon lit et s’accroupissait près de moi en tremblant, la chatte suivait du regard le bruit des pas, comme si elle apercevait, ou s’efforçait d’apercevoir celui qui les produisait. Le serin, qui dormait sur son perchoir, se réveillait aussitôt et se prenait à voleter dans la cage, en proie à une grande agitation.
En d’autres circonstances, on entendait des sons musicaux dans le salon, comme si quelqu’un avait effleuré faiblement les touches du piano, ou bien l’on percevait un bruit caractéristique, comme si l’on tournait la clef du bureau dans la serrure et ouvrait le bureau. Cependant tout restait bien à sa place !

J’ai parlé de ces bruits inexplicables à mes camarades du régiment qui sont venus dormir successivement sur le sofa de ma chambre et ont entendu, les uns après les autres, les bruits que j’avais moi-même constatés.
 
A la suite, M. de Steigner raconte qu’il a fait déplacer le parquet et les lambris de la chambre, sans découvrir aucune trace de souris.

A quelque temps de là, il tomba malade, et comme sa maladie tendait à empirer, le docteur lui conseilla de changer tout de suite de logement, sans donner à ce sujet aucune explication. M. de Steigner déménagea en effet. Quand il fut convalescent, il insista auprès du docteur pour connaître la raison qui l’avait amené à lui conseiller de déménager. C’est alors que le médecin lui confia que le logement où il s’était trouvé avait une réputation déplorable : un homme s’était pendu dans la chambre qu’il avait occupée et un autre y avait été tué !

Anatomy of sleep p. 479 – Dr Edward Binns – Communiqué par Lord Stenhope, ami du protagoniste de l’événement Mrs de Steigner


 

Une mystérieuse coïncidence
L'une des circonstances les plus impressionnantes qui se rattachent à la mort du regretté général Henry Havelock-Allan - mort qui a eu lieu dans les brousses de l'Afridiland - c'est cette mystérieuse coïncidence qui s'est réalisée dans la caserne du 2e bataillon des Fusiliers du Northumberland, et précisément dans la salle du mess des sous-officiers.

Ce bataillon appartient à la brigade des volontaires du district nord-ouest de l'Angleterre, qui, depuis le jour de sa formation, a toujours été commandée par le lieutenant-général en question. On avait réalisé des modifications importantes dans la salle du mess; après les restaurations, elle avait été ornée d'un superbe portrait du général. Or, ce portrait se détacha inexplicablement de la paroi, tombant sur le parquet, le mercredi 29 décembre, à 3h40. C'était l'heure où le général avait quitté son escorte pour continuer seul le chemin vers Jamrud, à travers un pays ennemi.

Le lendemain son cadavre fut retrouvé et la nouvelle fut télégraphiée en Angleterre. Lorsque l'annonce de sa fin tragique parvint au bataillon Fusiliers, le sergent-major et les autres militaires présents ne purent s'empêcher de remarquer le rapport avec l'incident qui s'était produit dans la salle du mess - incident si étrange et si incompréhensible que les témoins avaient pris note de l'heure et du jour où cela s'était produit.

Il faut reconnaître que la coïncidence est extraordinaire et inexplicable, puisque l'heure où le général a été massacré par les tribus rebelles est presque la même que celle où son portrait tombait dans la salle du mess des sous-officiers.

Light 1898 page 55

Un lit se soulève

Voici un phénomène psychique qui fut observé à Vienne (Isère) en avril 1915. J'en fus instruite par ma fillette, qui y réside.

Je reproduis le passage d'une de ses lettres:

Chère Maman, je vais te raconter un fait qui t'intéresse. La mère de Jeanne Dumière est morte. Elle est restée 8 jours à l'hôpital, le huitième jour, la soeur qui la veillait dit au mari de la malade: "Venez demain sans faute, vous ou votre fille, car l'état de Mme Dumière est grave.

Le soir, les membres de la famille se couchent tous en peine. mais voilà que, juste sous le coup de 4 heures du matin, le lit où se trouvent Jeanne et sa soeur aînée est secoué ou plutôt soulevé avec violence. les deux jeunes filles ont été immédiatement réveillées et ont bien pensé: "Maman doit être morte".

En effet, à 4 heures du matin, Madame Dumière rendait le dernier soupir.

Mme Gillot - Clérieux (Drôme)
Annales des Sciences psychiques (1916 page 70)

Le colonel D.F. était une excellente personne, officier à l'ancienne manière et ami zélé mais pour s'être uni en secondes noces avec une femme de religion différente de la sienne, il eu des difficultés acerbes avec ses parents. Ses enfants furent, avec son consentement, élevées dans la religion maternelle, tandis que le père restait fidèle à celles de ses pères. Sa dernière heure arrivée, et se sachant condamné pour maladie incurable, le pauvre colonel ne voulait pas se laisser convaincre de se faire assister par un ministre d'un autre culte: mais sa femme, dans l'intérêt de ses enfants, prétendit qu'il se soumît aux formes de sa confession.

Je n'entrerai pas dans les détails. Je tiens seulement  à déclarer que je m'éloignai de cette famille, sans cesser néanmoins de me procurer des nouvelles de l'officier. J'avais alors chez moi, bien plus en qualité d'amie que de subordonnée, une chère, bonne et intelligente jeune fille, Zaïre T., de tempérament très nerveux et hypersensible, un tantinet hystérique, et, selon ses dires, douée de de médiumnité prouvée.

Dans l'après-midi du 24 avril 1912, Zaïre se rendit chez le malade pour demander, comme d'habitude, de ses nouvelles. Je la priai même de s'y rendre plus fréquemment, sachant le malade affligé, non seulement de sa maladie incurable, mais de l'obsession morale dont j'ai parlé. La jeune fille rentre vers le soir, au crépuscule, et me retrouva seule, occupée à faire dîner mon vieux Léo (petit épagneul qui a été si cher à mon mari défunt), et, par une concession affectueuse, dans ma chambre même.

Zaïre était soucieuse et silencieuse.

Eh bien, quelles nouvelles m'apportes-tu?
- Les nouvelles, les nouvelles... (Elle secoua la tête).
- Il va donc plus mal?
- Non, Madame, il est mort!

Je joignis les mains et je m'écriai:

- Pauvre homme. Il a enfin trouvé la paix...

A peine avais-je prononcé ces mots, qu'un grand bruit de ferraille nous fit tressaillir et attira notre regard dans la direction du lit que nous vîmes toutes deux soulevé de plusieurs centimètres du sol, pour retomber bientôt avec bruit. A ce moment, je pensais et dis:

- Il y a quelqu'un sous le lit !

Ayant tourné le commutateur, sans bravade mais sans terreur, je m'empressai de vérifier. J'avais pensé à un homme caché là avec de mauvaises intentions mais je ne trouvai rien. Je m'approchai de Zaïre, pâle et atterrée, en observant que le chien n'avait pas donné signe d'alarme, mais était monté sur une chaise, le poil hérissé et les oreilles basses.

Je dois aussi ajouter que le lit de cuivre était fort lourd, ayant de larges proportions. la secousse du métal fut comme une trépidation avant la lévitation, puis le meuble retomba avec un coup pesant à sa place primitive. Je ne l'ai plus jamais vu se mouvoir depuis cette soirée.

Zaïre n'est plus avec moi maintenant, mais elle vient souvent me tenir compagnie, et nous nous rappelons ensemble la pénible impression de ce moment-là. et le pauvre colonel, décédé en des conditions d'esprit si contraires à sa paix.

 

Florence. Mars 1916. Annette Boneschi Ceccoli - Revue Luce e Ombra 1916, page 142.

Une musique céleste

Le rapport suivant a été écrit par Miss Horne, fille de la percipiente, et a été adressé à Miss Ina White; qui l'a transmis aimablement à la Society for Psychical Research. Il a été ensuite réexpédié à la mère de Miss Horne pour qu'elle le signe à son tour; en ces conditions, le rapport, bien qu'il ait été écrit par une tierce personne, doit être enregistré parmi ceux obtenus de "première main".

Aberdeen. 25 novembre 1890. Le fait a eu lieu il y a une trentaine d'années, mais il reste gravé dans la mémoire de ma mère de telle façon qu'elle se le rappelle comme si c'était hier.

" Ma mère était assise dans la salle à manger d'un petit hôtel isolé, et mon frère James, alors âgé de deux ans environ, était assis sur ses genoux. La gouvernante de l'enfant était sortie, et il n'y avait personne à la maison, hormis une bonne qui se trouvait au rez-de-chaussée. Les portes de la salle à manger et du salon, qui étaient contiguës, étaient ouvertes à ce moment. Soudain, ma mère entendit une musique céleste, d'une modulation triste, mais très douce, qui continua durant deux minutes environ; ensuite elle s'affaiblit graduellement, jusqu'à s'éteindre. Mon petit frère sauta en bas des genoux de ma mère en disant: "Papa! Papa!" et courut vers le salon.

Ma mère se sentit comme paralysée sur place, ce qui fait qu'elle sonna pour appeler la bonne; elle lui dit de regarder qui était entré dans le salon. La bonne obéit, mais ne vit dans le salon que James, qui, droit à côté du piano, la reçut en disant: "Pas de papa!". Il faut dire que son père aimait beaucoup la musique et, quand il rentrait, il avait pour habitude d'aller droit au piano.

L'incident fit une telle impression sur l'esprit de ma mère, qu'elle en prit note aussitôt, en enregistrant l'heure exacte à laquelle il s'était produit. Six semaines après, elle reçut une lettre du Cap dans laquelle on lui annonçait le décès de sa soeur; le jour et l'heure du trépas correspondaient exactement avec le jour et l'heure où ma mère, avec l'enfant, avaient perçu le morceau de musique transcendantale. J'ajoute que ma tante décédée était une musicienne excellente et passionnée".

(Miss Emily Horne et Mrs Eliza Horne.)

Un goût de paradis

Mlle M...; jeune fille de 14 ans, hystérique et cataleptique, après avoir souffert des crises extrêmes et être passée par toutes les phases du somnambulisme, avec éclosion d'une double personnalité, présenta aussi de nombreux phénomènes d'extériorisation de la motricité, aussi bien dans la transe que dans la veille.

Un jour, lorsque rien ne pouvait le laisser prévoir, elle tomba en transe et y resta plus de deux heures. Le soir, à l'heure habituelle, j'ai été la visiter, et les parents me racontèrent ce qui s'était produit dans la matinée. Je l'ai hypnotisée pour obtenir des renseignements à ce sujet. Voici son récit:

" J'ai été saisie par un besoin irrésistible de dormir. J'ai lutté fortement pour le vaincre, mais en vain, et j'ai perdu connaissance, en restant durant longtemps en des conditions comateuses. Quoique mon esprit se fût beaucoup éloigné du corps, j'étais à même de me voir étendue sur le lit, comme je le suis en ce moment. Mon intelligence était ailleurs, et je ne désirais nullement revenir en arrière; mais dans la nouvelle ambiance où je me trouvais, il y avait d'autres intelligences analogues à la mienne; ce sont elles qui m'ont obligées de rentrer dans mon corps. Combien je le regrette! J'étais si heureuse, là où j'étais! Tout était beau autour de moi, et j'aurais désiré y rester toujours.

Je me suis trouvée, je ne sais comment, dans un parc merveilleux, où les arbres majestueux étaient de mille couleurs; ces couleurs se combinaient et fusionnaient avec des flots d'harmonie céleste, car la musique que j'entendais était une musique de paradis. Il faut vous dire que tous les sons qui se produisent sur la terre, y compris ceux qui proviennent du déplacement des objets, se reproduisent dans le monde spirituel, en se transformant en une grandiose musique universelle, dont vous ne pouvez vous faire aucune idée. Une feuille de papier que vous déchirez, une petite branche d'arbre que vous rompez, une pierre que vous lancez, le bruit des roues des véhicules, celui du chemin de fer, du serrurier qui frappe sur son enclume, le vent, la pluie, le tonnerre : tous les bruits, du plus faible au plus formidable, dans le monde où je me trouvais, se transforment en une musique parfaite et grandiose, qu'on ne peut comparer à rien de terrestre. Ces célestes harmonies avaient enchaîné ma volonté; j'étais trop heureuse, trop fascinée pour me mouvoir. Mais il y avait quelque chose  de plus surprenant encore: ma vue dominait un horizon infini, et je pouvais voir simultanément de tous les côtés. Je suis restée longtemps à écouter et à contempler, sans apercevoir personne autour de moi, mais sachant, en même temps que je n'étais pas seule. Ensuite, tout à coup, sans que je pusse me rendre compte de ce qui arrivait, je me suis vue entourée des intelligences dont j'avais connu la présence par intuition. Mon bonheur a été à son comble lorsque, parmi elles, j'ai aperçu ma mère, avec laquelle j'ai causé longtemps. J'ai vu aussi d'autres parents et amis. Ah! Quel monde sublime était celui-là! Je ne voulais plus m'en aller; j'étais choquée par la pensée de revenir ici, dans ce vilain monde où l'on étouffe, où l'on souffre... Je me console en songeant que j'y reviendrai un jour, pour ne plus le quitter."

Light (1898, page 347)

Une harpe éolienne

Au printemps de 1863, l'une de nos enfants, une fillette du nom de Lily, tomba gravement malade. Un jour, mon mari, rentrant à la maison vers 3 heures de l'après-midi, dit à Lily qu'il déjeunerait dans sa chambre pour lui tenir compagnie. J'étais assise à côté du lit de la malade, en lui tenant la main; mon mari déjeunait et causait, et un autre de nos enfants s'entretenait avec Lily, notre intention étant de distraire la malade. Tout à coup, notre attention fut attirée par les notes tristes d'une harpe éolienne, qui semblaient venir d'une armoire placée dans un coin de la chambre.

Nous nous sommes tus aussitôt et j'ai demandé: "Lily,  entends-tu cette douce musique?" Elle répondit que non, ce qui me surprit d'autant plus que l'enfant avait une grande passion pour la musique. En attendant, ces accords mélodieux avaient augmenté de sonorité. La chambre en paraissait tout envahie. Ensuite, peu à peu, ils s'éloignèrent, par l'escalier, jusqu'à s'éteindre complètement. Cette musique a été aussi perçue par la bonne qui se trouvait à la cuisine, bien que celle-ci fût deux étages au-dessous, comme elle a été entendue par notre fille aînée qui, à ce moment, se dirigeait à la dépense. Elle s'était arrêtée dans le couloir, écoutant, se demandant avec surprise d'où venaient ces mélodies. Pendant qu'elle était encore là, elle a été rejointe par la bonne, qui lui a demandé: "Qu'est-ce que c'est que cette musique?" Quatre heures venaient de sonner depuis peu.

Le lendemain (dimanche), ma tante, avec ma vieille nourrice, vinrent visiter Lily. Elles entrèrent dans la chambre avec mon mari, pendant que je me trouvais à la cuisine, occupée à apprêter un gâteau au lait pour la petite malade. Tout à coup,  les mêmes mélodies tristes de harpe éolienne ont commencé à résonner. Elles ont été entendues par les trois personnes réunies dans la chambre de Lily, comme elles l'ont été par moi, à la cuisine.

La journée de lundi s'est écoulée sans que le phénomène se répétât, mais le mardi, à la même heure, mon ami, mon mari et moi avons de nouveau entendu la mélodie mélancolique, qui venait du même coin de la chambre et augmentait rapidement de sonorité, jusqu'à remplir toute l'ambiance, pour s'éloigner ensuite, en sortant par la porte, descendait l'escalier et s'éteignant dans le jardin.

Or, il est à remarquer que cette musique a été perçue trois fois, trois jours différents, toujours à la même heure; et non pas uniquement par les personnes qui se trouvaient dans la chambre de la malade, mais par moi-même, par ma  fille aînée et par la bonne quand nous nous trouvions deux étages au-dessous, et le deuxième jour, par ma tante et mes enfants, qui étaient dans la salle à manger.

J'ai surtout trouvé remarquable que l'enfant malade, qui aimait passionnément la musique, n'ait rien entendu. Et il ne pouvait pas y avoir d'erreur dans le jugement de la musique entendue, car il n'y a pas un instrument joué par des mains humaines qui puisse rendre les notes plaintives de la harpe éolienne. Nous demeurions dans cette maison depuis six ans et y sommes restés douze ans encore, sans jamais avoir entendu, ni avant ni après, une musique de cette sorte.
Sarah A. SEwel

Phantasms of the Living (Vol. 11, page 221).

Le tintement d'une sonnette
 

Dans la nuit du 10 au 11 octobre, trois jours après la mort d'Alexandre, ma femme et moi nous nous éveillâmes entre 2 et 3 heures du matin. Ma femme me demanda si je n'entendais pas une sonnette qui tintait sans cesse. J'écoutai. Je l'ai nettement entendue, mais je n'y ai pas prêté attention, supposant qu'il s'agissait d'une illusion des sens. La nuit suivante, à la même heure, nous nous trouvâmes de nouveau éveillés pour entendre encore le tintement de la même sonnette, qui, cette fois, paraissait sonner bien plus vigoureusement.

Nous fûmes d'accord pour comparer le son à celui d'une sonnette peu harmonieuse, mais dans les vibrations de laquelle il y avait quelque chose de musical. Nous avons écouté longuement en silence. Enfin, j'ai demandé à ma femme de m'indiquer de quelle direction lui semblait venir le son, et lorsqu'elle m'indiqua exactement la même direction dans laquelle je le percevais moi-même, le coeur me bondit dans la poitrine d'étonnement. Mes deux enfants, malgré leurs efforts d'attention, n'entendaient rien. Au cours de la troisième nuit, à la même heure, la manifestation se renouvela ponctuellement.

Quelques jours après, cette musique inexplicable retentit le soir et continua jusqu'à minuit, pour cesser ensuite et reprendre à deux heures. Le 18 octobre, anniversaire de la naissance d'Alexandre, des sons particulièrement beaux et harmonieux se sont fait entendre. Ma femme trouvait dans le phénomène un grand réconfort spirituel. Quant à moi, l'effet tranquillisant qu'il produisait dans mon esprit n'était que transitoire. L'incertitude dans laquelle je me trouvais quand je me demandais si cette musique était réelle, ou bien une illusion des sens, me rendait nerveux et agité, et l'effort continuel que je faisais pour parvenir à une solution entretenait en moi un état de tension continuelle d'esprit.

Durant quatre semaines, mes sommeils furent sans cesse interrompus, et ma santé commençait à s'en ressentir. J'ai eu recours à toutes les hypothèses, même à celle d'expliquer le phénomène en cherchant un lien entre le rythme de la sonnette et le battement de mon coeur, mais je n'en ai trouvées aucune. Au cours de ces quatre semaines, la nature de la musique s'était radicalement modifiée. D'abord, elle avait graduellement acquis de la sonorité, de manière qu'elle dépassait désormais toute autre sorte de bruit. Le soir, quand je me mettais en devoir de lire ou d'écrire, elle constituait un empêchement. Avec l'augmentation de la sonorité, elle avait perdu au point de vue mélodique. A ce moment, on aurait pu la comparer à un groupe de sonnettes qui retentiraient toutes simultanément. A la longue, ma femme aussi commença à désirer la fin des manifestations, parce que ce tintement perpétuel l'agaçait et excitait ses nerfs. Conformément à nos désirs, vers le milieu de novembre, elles cessèrent complètement. Depuis lors, ni moi, ni ma femme n'avons pu percevoir le moindre son.

Seulement, leur disparition réveilla de nouveau en moi le doute que cette prétendue "musique des sphères" ne fût qu'une conséquence de la dépression de nos esprits. ma femme commençait déjà à partager mes doutes, et ceci la rendait désillusionnée et triste. Mais voilà qu'après huit jours, la musique reprend avec des sons plus harmonieux que jamais, poursuivant ainsi jusqu'au jour de Noël. A la veille de cette fête, elle reprit avec une vigueur extraordinaire, en retentissant limpide, mélodieuse, et en parodiant une variété de rythmes absolument nouveaux. Après Noël, elle cessa encore. Le jour de l'An, nous pensions qu'elle devait se faire entendre, mais nous avons été déçus, ce silence se prolongea durant presque tout le mois de janvier.

Ainsi, ma femme et moi avions entendu cette musique dans les conditions d'esprit les p^lus différentes. Aussi bien lorsque nous étions préoccupés ou déprimés, que quand nous étions sereins et calmes. Quand nous étions bien portants comme quand nous étions malades. Ces différentes circonstances ne modifiaient point sa modalité, et elle nous parvenait toujours de la même direction. Aussi, tout bien considéré, il ne nous était plus possible d'éprouver le moindre doute au sujet de sa réalité.

Dans cette deuxième période de silence, nous croyions que la musique avait cessé définitivement. Au contraire, elle recommença vers la fin de janvier, en changeant totalement de nature. Ce n'étaient plus des sonnettes qui tintaient, c'était un concert de flûtes. Au commencement de mars, nouveau changement. La musique devint particulièrement mélodique. Mais ce n'étaient plus des flûtes qui jouaient. Il s'agissait d'in choeur vocal avec accompagnement d'instruments musicaux. A un certain moment, nous avons cru tous les deux avoir saisi quelques mots du choeur, mais ce ne fut qu'un instant. Le 21 mars, anniversaire de ma femme, la musique modifia de nouveau sa nature, en devenant encore plus mélodieuse, mais, en même temps, produisant en nous un sentiment presque de peur.

Ni ma femme ni moi ne sommes jamais parvenus à trouver une analogie avec quelque son terrestre capable de fournir une idée de ce que cette musique était pour nous.

Journal of the S.P.R. (vol. IX, page 89)
 

 

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